Quand Bordeaux primait NELSON MANDELA (27 avril 1985) Quand Bordeaux primait NELSON MANDELA (27 avril 1985)

En 1985, le barreau de Bordeaux s’engageait dans le combat contre l’Apartheid en rendant hommage au premier avocat noir incarcéré depuis vingt trois ans pour son combat contre le racisme.

C’est à l’initiative de Bertrand Favreau, bâtonnier et président de l’Institut des droits de l’homme de Bordeaux, qu’est crée le prix Ludovic-Trarieux, en hommage à l’avocat et homme politique bordelais, ancien garde des Sceaux. Cette distinction honore tout avocat s’étant illustré dans le combat contre le racisme et pour les droits de l’homme.

Le 27 avril 1985, c’est la fille de Nelson Mandela, elle même, Zenani Dlamini, qui déjoue toutes les surveillances pour recevoir ce prix, pour son père encore incarcéré. Cet événement exceptionnel clôturait la Conférence du stage, rendez-vous annuel et solennel du barreau de Bordeaux.

Le bâtonnier Favreau témoignera en disant que « Les autorités sud-africaines refusaient qu’un membre de sa famille se rende à Bordeaux. Mais nous sommes parvenus à déjouer les hommes de la sécurité en faisant venir sa fille, Zenani, pour la remise du prix.  » Pour le promoteur de ce prix, cet hommage est loin d’être unanime au sein de ses confrères et d’une partie de l’élite bordelaise qui considérait Mandela comme « un terroriste et un communiste ».

Invité à la séance, le bâtonnier de l’ordre des avocats de Dakar, Me Diop déclara à cette occasion: « L’apartheid est une citadelle de la bêtise humaine […] Mandela, c’est l’Homme dans ce qu’il a de meilleur, c’est à la fois le Bantou, l’Esquimau et le Tibétain, tous fils d’Adam et Ève. « 

On peut imaginer que dans l’ancien port négrier où l’influence coloniale a été plus diffuse que dans aucune autre ville en France, une telle décision, dans un contexte d’Apartheid, n’allait pas de soi et n’a pu être réalisée que grâce à la ténacité du bâtonnier Favreau.

A l’heure, où Bordeaux s’apprête à accueillir son premier Mandela Day, ce 18 juillet 2017, il est utile de rappeler que de tout temps la conscience et l’engagement de certains hommes ont permis de rompre la solitude des précieux combats pour la liberté que nous célébrons aujourd’hui. Le combat de Nelson Mandela contre l’oubli, le racisme et les discriminations est toujours d’actualité!

Patrick Carl

Or

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