TRAITE DES NOIRS – Le Havre, port oublié – 9 janvier 2018 TRAITE DES NOIRS – Le Havre, port oublié – 9 janvier 2018

Une délégation se rend à la rencontre des élus et de la population du Havre.

Communiqué

Entre 1679 et 1791, ce sont plus de 500 navires qui ont été armés dans les ports du Havre et d’Honfleur pour participer  à la traite déporter et mettre en esclavage 90.000 africains. « Deuxième port négrier français sur le plan des expéditions » selon l’historien Eric Saunier (Le Havre, port négrier : de la défense de l’esclavage à l’oubli)

L’ignorance du passé négrier de la ville du Havre résulte du peu de traces du 18e siècle havrais. En effet, le bombardement de la ville pendant la Seconde guerre mondiale, ne laisse subsister que la Maison de l’Armateur (appartenant Martin-Pierre Foäche, l’un des plus importants négociants de la traite des noirs).

Caractérisée par son « hyper-concentration sur Saint-Domingue », l’activité négrière est monopolisée par quelques familles (Begouën, Masurier, Foäche, Feray…), dont le député à la convention Jacques-François Begouën de Meaux (1743-1832) est le défenseur acharné qui réussit à éviter que la déclaration des droits de l’homme ne soit pas étendue aux gens de couleur.

L’exiguïté du port du Havre favorisant Honfleur qui devient ainsi le 7e port négrier de la traite avec 125 expéditions. Rouen, centre financier et entrepôt de la traite, s’affirme aussi comme incontournable dans la consolidation du milieu négociant du Havre. Les armateurs rouennais, enrichis par le commerce du textile, financent de très nombreuses expéditions négrières.

Tout comme Bordeaux, le Havre accueille aussi, au 18e siècle, une population noire originaire des colonies, de statuts divers, rendant nécessaire la mise en place de « dépôts de noirs » (prisons où les noirs non déclarés étaient détenus avant leur réexpédition vers les  Antilles).

5 rues honorent encore dans la ville les notables qui ont participé à ce crime contre l’humanité:

rue Masurier, rue Begouen,  rue Boulongne, rue Eyrier, rue Massieu

Dans une perspective pédagogique et de dialogue, Mémoires & Partages propose à la Ville du Havre de réparer l’oubli de cette injustice et de cette offense à la mémoire d’un crime contre l’humanité.

Comment?

En édifiant des panneaux explicatifs en bas de ces rues comme témoignage de notre volonté de ne pas oublier le crime, de combattre les racismes et discriminations héritées et d’en tirer des enseignements pour l’avenir.

Dans le cadre de la campagne #expliquetaruedenegrier, nous donnons rendez-vous

Mardi 9 janvier à 14h, rue Jules Masurier*

Le Havre est la deuxième étape du plaidoyer qui sera à Nantes (18 janvier) et à Bordeaux (17 février).

Le 7 décembre dernier, c’est La Rochelle qui accueillait la première étape.

*JULES MASURIER – Président de la Chambre de Commerce et Maire du Havre (de 1873 à 1878), Jules Masurier s’est illustré dans la traite illégale avec une voracité qui fut condamnée.

Patrick Carl

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