LOBBYING – pour un panneau explicatif de l’enseigne « Nègre joyeux » du PARIS 5e LOBBYING – pour un panneau explicatif de l’enseigne « Nègre joyeux » du PARIS 5e

Invitée par des assos du Quartier Latin, une délégation de Mémoires & Partages va à la rencontre des élus parisiens.

Le 25 septembre 2017, le Conseil de Paris a voté une résolution pour le retrait de l’enseigne du « Nègre joyeux » sur la Place Contrescarpe dans le 5e arrondissement Parisien. Depuis 2009, Mémoires & Partages parcourt les anciens ports négriers Français pour demander une réflexion sur la signalétique urbaine en référence à la traite des noirs et l’esclavage.

Sollicitée par  le « Collectif pour l’apposition d’une plaque anti-raciste sous l’enseigne « Au Nègre Joyeux », Mémoires & Partages avait tôt fait de répondre à cette proposition d’améliorer la signalétique urbaine dans le sens de la pédagogie.

En effet, par courrier du 12 octobre 2017, Karfa Sira Diallo avait exprimé, notre position générale sur les vestiges de l’histoire coloniale Française:

« Après concertation avec le bureau de Mémoires & Partages, je puis vous exprimer, officiellement, notre soutien dans l’action que vous menez au sein de votre collectif pour le maintien de l’enseigne « le Nègre joyeux » sise dans le 5eme arrondissement parisien.

Tout en se félicitant de l’action efficace et résolue des élus communistes parisiens qui ont réussi à ouvrir un débat nécessaire pour réparer la signalétique urbaine héritée de l’histoire coloniale, notre association veut être vigilante quant aux usages paradoxaux de la mémoire.

L’association Mémoires & Partages, qui est la première à avoir lancé une campagne nationale autour sur la signalétique urbaine en référence à l’esclavage, souhaite, en effet, faire la part entre la revanche mémorielle et la pédagogie citoyenne. 

Que la gestion mémorielle de l’histoire collaborationniste et nazie de la France ait souvent empruntée la voie de la débaptisation ne constitue pas un modèle que nous avons à reproduire systématiquement. Les temps ont changé. L’interrogation et la peur du passé tout autant. 

Il nous faut, en effet, inventer de nouveaux modes de transmission des leçons de l’histoire fondés sur l’expérience. Il ne suffit pas de casser le thermomètre pour baisser la fièvre. La persistance des violences liées à l’exploitation, à l’antisémitisme, au racisme et aux discriminations, démontre à suffisance que la purification de l’espace public des symboles de la violence historique est contre-productive.

Plus que de mémoire, l’espace public peut-être un lieu d’histoire c’est à dire de mise en perspective des événements et personnages historiques à l’aune de l’évolution des mémoires, des consciences et du droit. 

En effet, retirer le panneau « Nègre joyeux » et le placer dans un musée équivaudrait justement, non seulement à effacer la mémoire mais surtout à en faire un objet élitiste qui ne serait qu’à la portée de peu de gens et  ferait disparaître cette mémoire vivante qu’il incarnait dans la ville. 

Conserver ce panneau en y apposant un panneau explicatif, sans équivoque sur l’usage raciste et colonialiste qui était fait de cette image, permet de préserver et de partager la mémoire anticoloniale. Pour les révisionnistes et ceux qui pourraient douter de la réalité de cette entreprise criminelle, dans un siècle ou deux, quelle meilleure preuve qu’une enseigne ou une rue qui défie le temps et matérialise le crime et sa condamnation par les générations.

C’est le choix que nous avons fait et sur lequel nous discutons avec les municipalités de Bordeaux, de Nantes, de La Rochelle et du Havre. « 

Du 14 au 17 mars 2018, diverses rencontres sont organisées par le Collectif avec des élus Parisiens. Une délégation de Mémoires & Partages, conduite par Karfa Sira Diallo, sera présente.

Informations:

Naguib-Michel Sidhom, 06 18 21 16 20,

Collectif pour l’apposition d’une plaque anti-raciste sous l’enseigne « Au Nègre Joyeux », avec maintien de celle-ci place de la Contrescarpe.

président de Vivre le Quartier Latin

président de l’Institut d’Orient

Patrick Carl

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